SUPERDEMOCRATIE - Le Sénat des Choses


Avec l’exposition SUPERDEMOCRATIE, trois institutions culturelles nouent un dialogue, en octobre prochain, avec le Sénat belge. BOZAR à Bruxelles, le BPS22 à Charleroi et le M HKA à Anvers ajoutent une dimension culturelle aux questionnements actuels du Sénat.

1.10.2017 - 31.10.2017

Mira Sanders

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°1973
Born in Ukkel, BE

Mira Sanders est née en 1973, à Uccle, près de Bruxelles où elle vit et travaille aujourd’hui, tout en enseignant à Sint Lucas, à Bruxelles et à Gand. En 2007, elle a remporté le « Prix de la Jeune Peinture Belge ». Suite à la découverte du livre Espèce d’espace de l’écrivain français Georges Perec, l’artiste s’est définie comme une « usagère de l’espace » et a choisi de focaliser son attention sur les différentes formes d’environnements urbains. Interrogeant l’influence de notre conditionnement culturel sur nos systèmes de perception, elle arpente les villes et s’attache à en rendre de manière sensible sa vision
personnelle ainsi que celles des habitants qu’elle rencontre.

Mira Sanders cherche à mettre en évidence les liens entre les différentes images qu'elle récolte, au gré de ses parcours urbains. Sa démarche artistique se construit en plusieurs étapes qu'elle concrétise ensuite en un dessin agrandi. Dans un premier temps, elle explore un territoire urbain, cité patrimoniale ou ville industrielle, et y récolte des témoignages, des enregistrements sonores, des notes, des photos, des vidéos, ou des croquis inspirés par les typologies architecturales et ses échanges avec la population. Suite à ces rencontres et observations, elle développe ce qu'elle appelle des « dessins mnémoniques », c'est-à-dire, des « dessins aide-mémoire » qui lui permettent de reconstituer mentalement les entretiens et émotions qu'elle a eus au cours de ses pérégrinations.

Si cette artiste multidisciplinaire accompagne ses déambulations de photos ou d’enregistrements audiovisuels, afin de garder une « mémoire-image », elle privilégie toutefois le dessin aux autres formes d'expression, lorsqu’il s’agit de concrétiser son travail : « Le dessin est pour moi l'écriture première » explique-t-elle. Ses explorations terminées, Mira Sanders rassemble ses croquis et dessins pris sur le vif, et les retravaillent, avant d’en assembler des fragments en une vaste composition d’ensemble qui est finalement agrandie. « La technique du dessin, poursuit l’artiste, est une exploration de nos propres connaissances et de nos capacités.  C'est une recherche des frontières et de ce qu'il y a au-delà, avec l'éventualité d'un possible échec ; mais également, quand tout va bien, avec de l’inattendu comme récompense ».

Au delà de la démarche artistique qu'elle mène, Mira Sanders propose également de voir dans ses dessins une « démarche physique », celle d’arpenter les lieux et de les saisir intimement dans toutes leurs dimensions, aussi bien architecturales, historiques ou physiques, que mentales, affectives ou encore sentimentales : Soit définir une nouvelle manière d’appréhender un espace de vie. Elle recompose ainsi un territoire fictif et poétique, combinant un point de vue personnel à de nombreuses séquences empruntées à d’autres personnes. Sa méthode semble alors emprunter aux recherches anthropologiques ou sociologiques, dans la mesure où elle croise ses observations avec les contributions que lui apportent les différents interlocuteurs qu’elle aborde.